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La Thérapie par Cellules Souches et par Sclérose en Plaques

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D'après Mayo Clinic, la thérapie par cellules souches est une technologie innovante qui vise à régénérer ou à favoriser la réparation de tissus blessés et dysfonctionnels grâce à l'utilisation de cellules souches. Les cellules souches sont des cellules pures et brutes que l'on peut trouver dans le corps, mais qui sont plus répandues dans les embryons, sans fonction spécifique. Ce sont des cellules à partir desquelles toutes les autres cellules spécialisées peuvent générer leur propre fonction par un processus appelé différenciation.

Photo gracieuseté de Simply Science


D'où viennent-elles ?


Suivant Mayo Clinic, les cellules souches peuvent provenir de deux endroits différents : les embryons et les tissus adultes. Les cellules souches embryonnaires proviennent d'embryons de trois à cinq jours, appelés blastocystes, qui comptent environ 150 cellules. Ce sont des cellules souches multipotentes, ce qui signifie qu'elles ont la capacité de se diviser en d'autres cellules souches ou de se développer en n'importe quel type de cellule dans le corps. Cette adaptabilité permet aux cellules souches embryonnaires d'être utilisées en médecine régénérative.


Les cellules souches adultes sont présentes en petit nombre dans les tissus adultes tels que la graisse et la moelle osseuse. Elles ont des capacités limitées de différenciation, ce qui signifie qu'elles n'ont pas la même aptitude à donner naissance à des cellules spécialisées que les cellules souches embryonnaires. Les scientifiques pensaient que les cellules souches adultes ne pouvaient créer que des types de cellules similaires. Par exemple, les cellules souches de la moelle osseuse ne pouvaient générer que des érythrocytes. Cependant, de nouvelles recherches suggèrent que les cellules souches adultes pourraient avoir la capacité de générer d'autres types de cellules, et les cellules souches adultes sont actuellement testées chez des personnes atteintes de maladies neurologiques ou cardiaques. Les chercheurs ont découvert qu'il est possible de modifier les cellules souches adultes pour qu'elles aient des caractéristiques similaires à celles des cellules souches embryonnaires, ce que l'on appelle les cellules souches pluripotentes induites (iPS).


L’utilisation des cellules souches


Conformément à CIRM, les cellules souches peuvent être utilisées pour des transplantations. Elles doivent d'abord se spécialiser en un type de cellule adulte spécifique. Une fois arrivées à maturité, les cellules peuvent remplacer les tissus endommagés par une maladie ou une blessure. Elles peuvent être utilisées pour remplacer les neurones endommagés par une blessure, un accident vasculaire cérébral, la maladie d'Alzheimer, la maladie de Parkinson et d'autres problèmes neurologiques. Ils ont également la capacité de produire de l'insuline et de constituer un traitement pour les personnes atteintes de diabète, et de réparer les cartilages endommagés. Bref, ils peuvent remplacer tout tissu ou organe endommagé.


Certaines études ont été menées sur l'utilisation de la thérapie par cellules souches pour les maladies neurodégénératives. En raison du succès de la génération de cellules neurales à partir de cellules souches, celles-ci ont été utilisées dans des essais cliniques visant ces maladies. Les thérapies à base de cellules souches permettent de ralentir l'évolution des maladies neurodégénératives telles que la maladie de Parkinson, la maladie d'Alzheimer, la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et la sclérose en plaques (SEP), et aussi de les traiter complètement.


Exemple : La sclérose en plaques


Selon un essai écrit par Riham Mohamed Aly, La sclérose en plaques, ou SEP, est une maladie auto-immune inflammatoire et neurodégénérative du système nerveux central. Les études sur les cellules souches examinent la possibilité de ralentir la progression de la SEP ainsi que d'inverser les dommages neuronaux qui lui sont associés. En 2014, un essai clinique de phase 1 mené par CelgeneTM a utilisé une perfusion de cellules souches mésenchymateuses dérivées du placenta pour traiter la SEP. Les résultats ont démontré la sécurité du traitement. Selon PubMed.gov, l'essai clinique a porté sur dix patients choisis au hasard et atteints de sclérose en plaques récurrente-rémittente et six de sclérose en plaques progressive secondaire. En vertu de WEB MD, atteintes de sclérose en plaques récurrente-rémittente commencent à remarquer les premiers signes de la maladie au début de la vingtaine. Plus tard, elles commencent à présenter de temps en temps des poussées de symptômes (rechutes), suivies d'un rétablissement (rémissions). Dans ce type de SEP, les nerfs sont affectés, mais la sévérité, le degré de récupération et le temps entre les rémissions varient. Les personnes atteintes de SEP progressive secondaire ont vécu avec une SEP rémittente pendant de nombreuses années, et la SEP rémittente devient une SEP progressive secondaire. Les symptômes évoluent sans rechutes ni rémission, ce qui se produit 10 à 20 ans après le diagnostic. Selon l'essai de Web MD, six patients ont reçu une faible dose de PDA-001 (une préparation de cellules de type mésenchymateux dérivées du placenta humain à terme), 6 ont reçu une forte dose et 4 ont reçu un placebo. La conclusion a été que les perfusions de PDA-001 étaient sans risque et que les patients atteints de sclérose en plaques récurrente-rémittente et progressive secondaire étaient capables de bien la tolérer.

Controverse et questions éthiques


Depuis la découverte des cellules souches et leur utilisation dans la recherche médicale, certaines controverses sont apparues et ont causé des problèmes entre des personnes ayant des convictions différentes. Dans les années 1990, les scientifiques ne dérivaient les cellules souches humaines qu'à partir d'embryons. Pour plusieurs, cela signifiait que l'extraction de ces cellules détruirait l'embryon, ce qui était un sujet problématique en raison des différentes croyances sur ce qui constitue le début de la vie humaine. Certains croient que la vie commence à la naissance, d'autres qu'elle commence lorsque l'embryon devient un fœtus, et d'autres encore considèrent qu'elle commence dès la conception.


Cependant, en 2006, les chercheurs ont commencé à utiliser des cellules souches pluripotentes induites, qui ne sont pas dérivées d'embryons. Cela a éliminé la préoccupation éthique qu'on avait dans les années 1990. De ce fait, la technologie des cellules souches commence à progresser et l'attitude des gens à l'égard de la recherche sur les cellules souches commence à changer. Certaines préoccupations subsistent, comme la nécessité de s'assurer que les donneurs donnent un consentement approprié et la nécessité d'étudier et de concevoir soigneusement les études cliniques.


Précautions


Les traitements à base de cellules souches non validés peuvent être dangereux, et certains fournisseurs proposent des produits à base de cellules souches non approuvés et non validés. Les thérapies à base de cellules souches peuvent avoir le potentiel de traiter des maladies qui n'ont pas ou peu de traitements actuels, et la recherche scientifique progresse constamment, mais elles sont encore relativement peu étudiées. La Food and Drug Administration (FDA) renforce ses mesures d'application pour protéger les personnes contre les cliniques malhonnêtes, tout en encourageant l'innovation de l'industrie médicale dans l'étude des cellules souches. Pour rester en sécurité, il est important de vérifier si le traitement recherché est approuvé par la FDA ou s'il est étudié dans le cadre d'une IND (Investigational New Drug Application), un plan d'investigation clinique autorisé par la FDA.



Auteur de l'article : Celine Guirguis

L'editeurs de l'article: Edie Whittington, Maria Giroux